Les difficultés de nos rencontres et les événements douloureux de nos vies, il nous faut apprendre à les vivre en les « retournant » : La Bible est le livre des « retournements ». Ce que nous vivons à l’envers, il nous faut le découvrir à l’endroit… Ainsi l’histoire, dans la Genèse, de Joseph et de ses frères. Cet homme semble né avec la poisse : il est livré par ses frères à des caravaniers, réduit en esclavage, dénoncé faussement pour tentative de viol par la femme de son « maître », mis en prison…

Pourtant, tout va se « retourner » : il est sorti de sa prison et devient grand intendant des ressources du pays; ses frères, mourant de faim, vont recevoir de lui la nourriture et la réconciliation. Joseph leur dira même cette parole très forte que je n’oserais pas employer face à l’épreuve de quelqu’un :
– « Ne pleurez pas : tout cela était un mal pour un bien ! »

J’aimerais à ce propos vous raconter une histoire. Elle se passe au Moyen Orient :
« Mikaël, un paysan, perd la seule jument qu’il possède
–Tu as perdu ton seul bien… Comme tu es malheureux, lui disent ses voisins.
–Comment savez-vous que c’est un malheur qui m’arrive ?
Le lendemain revient la jument, accompagnée de trois étalons…
– Quel bonheur pour toi, Mikaël !
–Comment savez-vous, demande-t-il à ses voisins, qu’il s’agit là d’un bonheur ?
Le jour suivant, en essayant de dresser un étalon, un des fils de Mikaël se casse la jambe.
–Quel malheur ! répètent en chœur ses voisins.
–Vous croyez ? leur répond-il.
Et, en effet, quelques jours plus tard, la guerre est déclarée. Le fils de Mikaël ne partira pas dans les combats meurtriers. »

On pourrait prolonger indéfiniment cette histoire pleine de sagesse humaine… À plus forte raison, si nous croyons en Dieu, nous ne pouvons pas croire que la catastrophe et l’échec soient les derniers mots de nos rencontres et de nos vies ! Je suis effaré quand je constate combien de croyants voient en Dieu celui qui programmerait leurs maladies et leur souffrance, à la façon d’une divinité capricieuse qui ordonnerait : « Un bonheur pour Mme X, et une leucémie pour M. Y ! »
Il est tellement plus beau de découvrir que Dieu invente notre vie avec nous! C’est un chant à deux voix où rien n’est écrit d’avance. Il nous faut apprendre à lire ainsi notre vie et nos rencontres : le dernier mot est à l’Amour, à la Tendresse de Dieu.
